Point presse du 1er décembre 2009
HOPITAL COMMUN TARBES-LOURDES
Absence totale de concertation
Pierre Gauthier, directeur de l’Agence Régionale Hospitalière (ARH) de Midi Pyrénées, annonce la création d’un nouvel hôpital à Lanne en 2016 et la fermeture des sites de Tarbes et de Lourdes. L’ARH est un groupement associant l’Etat et l’assurance maladie, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé et de la sécurité sociale. Ainsi un haut fonctionnaire fait un point presse, et décide, sans aucune consultation des personnels des hôpitaux de Tarbes et de Lourdes, sans aucune information des usagers et des habitants, que les villes de Tarbes et de Lourdes n’auront plus d’hôpital. Les maires de Tarbes et de Lourdes, élus l’an dernier sans avoir jamais dit un mot sur cette opération, soutiennent cette démarche qui prive les deux villes de leur hôpital ! Comment accepter un tel déni de démocratie ? Un haut fonctionnaire ne peut décider du jour au lendemain de rayer deux hôpitaux de la carte du département. Comment deux maires , certes UMP, et qui certes ne veulent pas déplaire à leur Gouvernement UMP, peuvent ainsi accepter que l’on tue le service public de santé des deux principales villes du département ?
Perte de postes et de lits
Très tranquillement, messieurs Gauthier, Artiganave et Trémège annoncent que le secteur hospitalier des Hautes-Pyrénées va perdre 200 postes et des dizaines de lits. Pour quel avantage pour les patients ? Pourquoi éloigner les malades de leur ville ? Pour quel avantage pour les médecins et le personnel hospitalier de Tarbes et Lourdes ?
Il faut se battre et garder un service public de santé de proximité à Lourdes et Tarbes. Monsieur Gauthier a déjà essayé de fusionner à la hussarde les hôpitaux de Millau et de Saint-Affrique dans l’Aveyron. Ce fut un échec car les populations, les élus et les personnels des deux hôpitaux se sont mobilisés pour garder les deux hôpitaux. Faisons pareil en Bigorre, résistons et gagnons du temps car Monsieur Gauthier ne sera plus en poste dans quelques mois.
Quel financement ?
Le coût de ce nouvel hôpital est estimé à 167 millions d’euros par l’ARH. Avec les dépassements habituels, on peut donc compter plus de 200 millions. Le financement de l’Etat est annoncé à hauteur de 126 millions d’euros. Qui paye la différence ? Certainement la nouvelle structure hospitalière mise en place, mais qui va devoir emprunter plusieurs dizaines de millions d’euros et ainsi démarrer son activité avec un lourd endettement.
Quel intérêt à l’opération ?Nous comprenons bien que le seul intérêt de cette manœuvre est de tenter de limiter le déficit des hôpitaux de Lourdes et de Tarbes. Mais pourquoi un tel revirement de la part de l’ARH qui l’an dernier encore poussait un plan de retour à l’équilibre financier en 2012 ? Seule une logique comptable prise dans la précipitation pousse à cette opération de fusion. Car pour le reste aucun argument n’est convaincant. Déjà aujourd’hui des synergies existent entre les hôpitaux de Tarbes et de Lourdes, et même avec le secteur privé tarbais très dynamique de la Clinique Ormeau-Pyrénées qui jouit de médecins et de responsables de qualité. La proximité est un argument essentiel : pourquoi priver l’agglomération tarbaise, la deuxième de la Région, de son hôpital qui n’a que 30 ans ? 30 ans c’est jeune pour une personne, c’est très jeune pour un bâtiment. Pourquoi priver Lourdes de son hôpital et ne plus assurer à la ville particulière qu’est Lourdes un service de santé en plein centre ville, sans compter la proximité pour les habitants des vallées de montagne qui devront faire 12 kilomètres de plus pour arriver à Lanne ?
L’argument qu’un hôpital neuf va attirer de jeunes médecins est également fallacieux. On sait bien qu’aujourd’hui, selon les spécialités, les médecins sont de 15 à 300% mieux payés dans le privé que dans le public. Ce n’est pas un équipement neuf qui sera déterminant dans leur choix.
Pourquoi encore un tel gaspillage d’argent public ?
Bruno Hourmat, directeur de l’hôpital de Tarbes constatait en janvier 2008 : «Honnêtement, l’hôpital de Tarbes est un superbe outil, performant et efficace. Il faut savoir que c’est le second hôpital de la Région Midi-Pyrénées après le CHU de Toulouse ». Alors pourquoi abandonner une telle structure ? Surtout maintenant que la nouvelle structure de transfusion sanguine vient d’être ouverte. Surtout qu’en octobre 2007 une unité de chirurgie ambulatoire a été abritée dans un bâtiment flambant neuf. A Lourdes de nombreux investissements viennent également d’être réalisés. Près de 80 millions d’euros ont été investis durant ces dernières années sur les sites de Lourdes et Tarbes. Et tout ceci pour tout abandonner en 2016 ? Ce projet est irresponsable en termes de dépenses publiques et irrespectueux des populations qui ont le droit d’être accueillies et soignées dans des structures de proximité. Pourquoi détruire ce qui existe et faire un nouvel hôpital plus éloigné des populations concernées ?