POINT PRESSE SUR LE BUDGET 2009 DE LA VILLE DE TARBES
20 janvier 2009
Le budget 2009 est techniquement correct dans ses grands équilibres.
Les dépenses de fonctionnement sont relativement maîtrisées, notamment la masse salariale et les dépenses de gestion des services municipaux. L’épargne nette de gestion est en progression.
L’encours de dette doit baisser de 1,64% en cours d’année.
La fiscalité augmente de 6%. Le niveau des investissements reste stable.
Le recours à l’emprunt reste mesuré.
Pourtant ce budget 2009 est le plus mauvais de l’ère Trémège depuis 2001 et annonce une dégradation pour les années à venir.
Maîtrise relative des dépenses de fonctionnement
Avec plusieurs mauvaises nouvelles (l’augmentation de 70% des indemnités du Maire et des adjoints, la perte de 495.000 euros de DGF, la mauvaise gestion de la dette qui a fait perdre 600.000 euros) l’année 2009 se caractérise par une augmentation des dépenses de fonctionnement de l’ordre de 7%. Heureusement il y a une bonne maîtrise de la masse salariale ( + 1,5% ) et des dépenses de gestion des services municipaux (+ 1,97 %) grâce à un nombre plus élevé de départs à la retraite d’employés municipaux et aux efforts d’économies réalisés par les services, mais ceci restera à vérifier fin 2009.
Progression de l’épargne nette de gestion
L’épargne nette de gestion devrait atteindre 6,7 millions d’euros en 2009. C’est une jolie performance, mais en fait bien aidée par la vente de terrains du site de l’Arsenal pour une somme de 3,4 millions d’euros. Sans cette vente des terrains, l’épargne nette de gestion est en réalité très inférieure à celle de 2008.
L’endettement
L’encours de dette était de 70,4 millions d’euros au 31 décembre 2007. Il est de 71,3 millions au 31 décembre 2008. Pour la première fois depuis 1996, l’encours de dette a augmenté en 2008. C’est une des mauvaises surprises de la gestion 2008. L’objectif, modeste, de ramener l’encours de dette à 70,1 millions d’euros au 31/12/2009 démontre que le désendettement de la Ville n’est pas une priorité. C’est une erreur car l’endettement de Tarbes est très au-dessus de la moyenne nationale. Sans compter que 29 millions d’encours de cette dette sont constitués par des taux structurés à risque qui sont en moyenne à ce jour à 7,50% ! Le Maire de Tarbes a joué avec l’argent des Tarbais en ne profitant pas des taux historiquement bas des années 2004, 2005 et 2006 pour négocier un maximum de prêts à taux fixe. Cette erreur va durablement plomber les finances municipales.
La fiscalité
L’année 2009 s’annonce comme la plus mauvaise de l’ère Trémège avec l’augmentation de 9% du prix de l’eau, une augmentation de 6% des impôts locaux, une augmentation de 23% du prix de la cantine scolaire et de 350% de l’accueil périscolaire ! C’est un mauvais coup porté aux Tarbais à l’aube de cette année 2009 qui s’annonce délicate pour le pouvoir d’achat des Français avec une crise économique qui va s’amplifier.
Le choix des investissements
On remarque un ralentissement des réalisations depuis un an.
Il est clair que le projet Brauhauban ne verra pas le jour encore en 2009. L’enlisement de ce projet est inquiétant. Gérard Trémège s’est entêté et ne sait plus comment s’en sortir. Il faut vite revenir à un projet plus simple, sans déplacement du garage Renault et sans extension de la Halle. Les commerçants et les usagers de la Halle Brauhauban ont droit à un équipement commercial de qualité en centre ville. La dégradation actuelle de cet équipement pénalise l’ensemble du commerce tarbais. Il n’y a plus que 40 commerces ouverts sous la Halle ! La Mairie doit agir rapidement mais hélas ce ne sont pas les 500.000 euros inscrits au budget 2009 qui le permettent. Je regrette que le Maire ne m’ait pas écouté dès 2005 car aujourd’hui ce projet serait terminé.
L’aménagement du site de l’Arsenal va se poursuivre. Pour 2009, on peut espérer une bonne avancée des travaux sur le bâtiment 103 et la nouvelle maison des associations, ainsi que la concrétisation de la traversée est-ouest du site. Mais le flou le plus absolu qui entoure le réel niveau de pollution du site et le choix des projets sur l’ensemble de la zone est assez inquiétant. La présentation globale que le Maire promettait pour fin 2008 est encore repoussée. Il n’y a aucune concertation sur ce projet pourtant structurant pour le nord de Tarbes.
Le projet muséographique mériterait un vrai débat public. Ce débat n’a jamais eu lieu et les évolutions dans le temps du projet muséographique tarbais montrent que celui-ci est plus dépendant des espoirs de subventions que d’une vraie dynamique locale. Le Musée Massey est fermé depuis plusieurs années. Il le restera encore au moins deux ans. C’est un projet très coûteux et on est en droit de s’interroger sur le succès que peut rencontrer ce type de musée. La récente exposition temporaire organisée au Carmel sur les Hussards n’a pas bougé les foules. Quel est le public potentiel ? On parle de 18.000 personnes intéressées par le sujet à travers le monde. Le risque est grand de créer un musée qui serait plus un conservatoire pour les spécialistes de l’histoire militaire qu’un lieu attractif pour le grand public. Nous rappelons qu’il s’agit d’un investissement de plusieurs millions d’euros et que le bâtiment qui est sensé abriter cette collection est un des bâtiments les plus intéressants de Tarbes par sa taille, son architecture et son emplacement. La question que nous posons clairement est la suivante : faut-il dépenser des millions d’euros et mobiliser un des lieux les plus prestigieux de Tarbes pour quelques milliers de visiteurs par an ? Nous sommes favorables à la mise en valeur de notre patrimoine historique mais nous disons que ce projet mérite un débat public sur son dimensionnement et sur son emplacement, avec un véritable éclairage sur les enjeux financiers, culturels et touristiques.
Satisfaction du choix de la rénovation de la Place Anatole France, située dans un quartier très vivant et dont la population augmente. En tant qu’ancien adjoint aux sports, satisfaction aussi des travaux prévus sur les équipements sportifs de l’Arsenal, sur le gymnase Solférino et sur les vestiaires du Stade Maurice Trélut et de la Plaine de jeux Camescasse.
Comme d’habitude l’éducation est le parent pauvre avec seulement 76.000 euros prévus pour réhabiliter l’école Paul Bert.
UN REGRET
Aucune de nos propositions formulées publiquement après le débat d’orientations budgétaires n’a été retenue par la majorité municipale, à savoir :
Faire une fiscalité zéro par rapport à la crise qui s’annonce et au problème du pouvoir d’achat
Commencer d’urgence la rénovation de la Halle Brauhauban sur la base d’un projet simplifié, sans expulsion du garage Renault et sans extension de la Halle.
Différer d’une année le projet muséographique pour pouvoir consulter les Tarbais
DEUX REMARQUES
Après les pannes régulières d’électricité au Stade Maurice Trélut, nous proposons d’utiliser les 200.000 euros prévus pour construire quatre loges aux sponsors du TPR à une amélioration de l’installation électrique et de l’éclairage du terrain. Nous demandons la suppression du mensuel municipal « Couleurs de Ville » qui n’apporte rien à la population tarbaise et qui coûte cher.