Une vérité ne cesse pas d'être vraie parce qu'elle est minoritaire. François BAYROU

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LE TRAITEMENT DES DECHETS DANS LE 65 

 

1/ Mieux traiter les déchets

Le problème des déchets a toujours été considéré comme une question d’élimination nécessitant l’utilisation de solutions technologiques sophistiquées, tels que les centres d’enfouissement technique et les incinérateurs. Ces systèmes de gestion des déchets coûteux et rapides ne se soucient pas des conséquences écologiques, sanitaires et économiques qui leur sont associées.

Au Modem, nous faisons la promotion d’une nouvelle approche qui ne considère plus les déchets comme un problème à brûler ou à enfouir mais comme des ressources valables et  une opportunité de créer des emplois, d’économiser de l’argent et de réduire la pollution.

a)      Réduction des déchets

Il faut passer d’une approche qui veut qu’au lieu de produire des ordures, on produise des matières premières utilisables pour d’autres processus industriels.  Les programmes Zéro Déchet mis en place par plusieurs collectivités créent des embauches (avec de plus des emplois non délocalisables), évitent la perte de ressources dans les décharges et les incinérateurs et stimulent les économies locales.

Sur l’agglomération tarbaise, le tri sélectif fonctionne correctement. On note une baisse régulière du volume d’ordures ménagères collectées. Ainsi nous sommes à 25.532 tonnes collectées en 2009 contre 26.150 tonnes en 2004. Il faut aller encore plus loin, notamment en augmentant la taille insuffisante des bacs jaunes et en facilitant la collecte du verre par un ramassage à domicile.

Nous encourageons la démarche que mène le Symat pour remplacer la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) par une redevance indexée sur le volume des déchets.   

b)     Revalorisation des déchets

Chaque jour, nous brûlons, nous enterrons du papier, des métaux et des plastiques. S’ils étaient recyclés, des millions d’arbres échapperaient à la coupe, des milliers d’hectares de terrain seraient épargnés d’exploitation minière et la dépendance au pétrole décroîtrait. Ainsi le but est d’ériger un système industriel plus tourné vers la récupération que vers l’extraction.

Tri des rebuts à la source : Une poubelle c’est un mélange de tout et n’importe quoi. En  triant les différentes catégories de produits en fin de vie (papier, métaux, compostables, toxiques…) on peut appliquer à chacune une approche rationnelle. Une fois ce tri effectué on alimente des usines de recyclage et de compostage.

Compostage des déchets : Les déchets verts et alimentaires constituent une part importante des déchets qui atterrissent à la poubelle. Leur compostage permettra non seulement de réduire les déchets mais aussi d’économiser de l’argent en permettant de réduire les fréquences de ramassage de tous les autres rebuts.

L’expérience montre qu’il est plus efficace de traiter séparément les déchets alimentaires et les déchets verts des jardins. Les déchets alimentaires peuvent être collectés dans de petits véhicules et ne nécessitent pas de compactage.  Les déchets de jardinage peuvent être compactés quand ils sont collectés, ou bien compostés à la maison chaque fois que cela est possible. C’est la démarche qu’encouragent le Symat et depuis quelques jours le Smectom Lannemezan, Nestes, Coteaux en mettant à disposition  des composteurs pour un prix modique de 10 à 15 euros.

Réduction de la toxicité : Beaucoup de gens sont surpris lorsqu’ils apprennent que des substances toxiques sont présentes de manière courante dans les objets du quotidien (piles, vaporisateurs insecticides, rasoirs jetables…contiennent des composés dangereux tels que du plomb, du mercure, des solvants). Brûlés ou enfouis ces constituants toxiques posent de sérieuses menaces à la santé publique et à l’environnement.

Ainsi les décharges ne doivent plus être utilisées que pour l’enfouissement des résidus échappant à tout recyclage et compostage.

Pour parvenir à un taux maximal de valorisation des ressources issues des déchets, les pouvoirs politiques nationaux et locaux doivent montrer l’exemple en créant à la fois l’offre et la demande pour les produits recyclés ; en instituant des programmes de retour des produits et de taxation environnementale  des mauvais emballages ; en mettant en œuvre des programmes d’éducation et d’assistance ; en établissant des mesures incitatives pour les installations de tri, de recyclage et de compostage.

2/ Fermeture du CSDU de Bénac

Nous demandons la fermeture du CSDU de Bénac au plus tard en 2016. Le site de Bénac présente de nombreux inconvénients. D’abord un problème d’accès pour les camions, ensuite un problème d’odeur pour les nombreux villages riverains, ensuite des problèmes  de pollution aux lixiviats de l’Aube.

Le site de Bénac accueille déjà aujourd’hui environ 80.000 tonnes de déchets par an, mais avec la récente fermeture du site de Capvern et celui de Lourdes fin 2011, Bénac va devenir rapidement le seul CSDU du département et va largement dépasser les 100.000 tonnes par an. Les nuisances citées ci-dessus ne vont qu’empirer.  Sans compter le risque financier qui consiste à confier à un seul opérateur privé, Veolia, un monopole pour l’enfouissement des déchets. La Préfecture a pris la mesure de la situation et n’autorise pas l’extension du CSDU de Bénac.

3/ Accélérer le schéma départemental de traitement des déchets

Le Conseil Général a pris beaucoup de retard dans le dossier du traitement des déchets et porte une lourde responsabilité dans les tensions actuelles.

Lors d’une réunion de juillet 2009, le Conseil Général a pris la décision (enfin ! ) de créer une usine de traitement bio-mécanique pouvant traiter 60.000 tonnes par an. Le SMTD 65 est chargé d’acquérir sur la commune de Bordères/Echez le terrain qui accueillera cette usine. Nous sommes favorables à cette idée de faire un tri des ordures ménagères plus pointu que celui fait par les ménages. Le but est de séparer par un moyen mécanique tous les déchets organiques des matières à enfouir. Le résultat est qu’il y aura en effet moins de déchets ultimes puisque l’on arrive à séparer 90% des matières organiques des ordures ménagères. Un bon procédé mais que de temps perdu par le Conseil Général !

Lors de cette réunion, le Conseil Général a aussi pris la décision d’étendre l’exploitation d’un site actuel (en fait  Bénac ) jusqu’à ce qu’un nouveau terrain soit trouvé pour accueillir un nouveau CSDU, privé ou public. Nous ne pouvons admettre cette décision car si le Conseil Général est toujours aussi peu réactif, cela veut dire que le site de Bénac et tous ses problèmes vont perdurer encore longtemps. Il faut que les études hydrauliques et géologiques lancées sur un secteur de 20km autour de Tarbes aboutissent dans les meilleurs délais pour trouver un site suffisamment à l’écart des populations et remplissant les conditions techniques exigées. Pour nous la date limite de ce nouveau CSDU doit être 2016.  

Quant à l’idée de créer un Eco-Parc sur la zone industrielle de Bordères/Echez nous y sommes favorables. Il y a déjà sur place la société ROM qui valorise les déchets verts. On peut faire beaucoup encore dans les Hautes-Pyrénées pour réduire la production de déchets et augmenter le recyclage.  De plus cela crée de nombreux emplois sur place. Le SMTD 65 étudie aussi la possibilité d’une usine de méthanisation. Cette technologie s’est développée dans les années 1980 également pour le traitement des déchets organiques solides des ménages. Elle permet de réduire, comme l’usine de traitement bio-mécanique, les quantités de déchets à enfouir ou à incinérer. Mais attention cependant aux odeurs car certaines de ces usines, notamment à Montpellier  celle construite par Vinci Environnement, connaissent des difficultés d’exploitation. Il ne faudrait tout de même pas que Bordères/Echez devienne un deuxième Bénac !